Mon corps n'est que le squelette auquel mon corps est suspendu. Mon coeur est glacé et tremble comme un archet entre les mains d'un poète blanc.
Dans mes yeux des images de peuples dansant au clair de Lune, d'enfants défigurés riant et de femmes nues aux corps immolés par l'amour.
Les prières tombant de mes lèvres comme des clameurs écarlates ont le goût de l'absence.
Ce soir les étoiles ont filé. Il n'y a guère que les grues rouillées pour agrémenter les rues et percer le ciel.
Mes mains sont usées des millions de lettres que je ne t'ai jamais envoyé tant l'odeur de leur sincérité était forte. J'aimais y décrire la manière dont tu avais pris mon corps désarticulé en guise d'instrument de musique pour jouer les plus tragiques mélodies. Mes côtes dessechées ont encore le souvenir de tes ongles.
Maintenant, tu n'as plus besoin de moi. Tu as laissé mon corps se désaccorder et devenir orphelin de ton fin doité. Mes chevilles craquent en mi-bémol sous le poids de l'abandon.
Au fond, tu ne m'as pas abandonné, tu as simplement appris à voler.
Je ne vois plus les étoiles.
(...)
29 septembre 2012
Sur ces mots s'achève ce blog. Il aura survécu à des dépressions, des colères, des peurs. Il me manquera, mais je reviendrai.
Lacrymaloctopus a eu une belle vie, c'est certain. Merci à tous de m'avoir lu. Je vous dit à bientôt.